Sixto Diaz Rodriguez

born on 10/7/1942 in Detroit, MI, United States

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Sixto Díaz Rodríguez

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Sixto Díaz Rodríguez
Sixto-Diaz-Rodriguez-2007.jpg
Profession(s) ouvrier du bâtiment
Genre(s) Rock, folk, folk psychédélique
Instrument(s) Guitare
Années actives Depuis 1967
Label(s) Sussex
Light In The Attic

Sixto Diaz Rodriguez, connu sous son nom d'artiste Rodriguez, né le juillet 1942 10 (10-07-1942) (2003 ans) à Détroit dans le Michigan, est un auteur-compositeur-interprète, musicien de folk et folk psychédélique américain. Sa courte carrière se limite à la sortie de deux albums studio au début des années 1970, qui ne connurent pas le succès, ainsi qu'à quelques brèves tournées en Australie. Néanmoins, il devint extrêmement célèbre en Afrique du Sud, à son insu, et participa à la montée du mouvement contre l'apartheid dans la classe moyenne blanche.

Alors que le public sud-Africain le croit mort, deux fans originaires du Cap parviennent à le retrouver et à organiser une série de concerts en Afrique du Sud en 1997. Le film Sugar Man, qui raconte leur histoire, obtient l'Oscar du meilleur film documentaire en 2013 et permet à Rodriguez de connaître la célébrité aux États-Unis et en Europe.

Biographie

Jeunesse

Sixto Rodriguez est né à Détroit dans le Michigan. Son prénom lui vient du fait qu'il est le sixième enfant de sa fratrie[1]. Originaire d'une famille pauvre d'immigrés mexicains arrivée dans les années 1920 et appartenant à la classe ouvrière, il est rapidement confronté aux problèmes sociaux. Son père joue du blues, et le jeune Rodriguez est inspiré par le mouvement hippie. Il commence ainsi à pratiquer la musique très tôt.

1967-1971 : une brève carrière aux États-Unis

Il sort un premier single nommé I'll Slip Away (par erreur sous le nom de Rod Riguez) sur un petit label en 1967, puis signe chez le label Sussex. Il adopte alors pour nom de scène son seul patronyme et enregistre en 1969 l'album Cold Fact qui sort un an plus tard, puis l'album Coming from Reality en 1971. Les deux albums sont des échecs commerciaux et le contrat de Rodriguez est ainsi rompu, alors qu'il préparait un troisième disque. Le label Sussex était en outre en difficulté ; il disparaît d'ailleurs en 1975[2].

Après avoir été remercié du label, Sixto Rodriguez arrête la musique et se fait embaucher comme manuvre dans différents chantiers de sa ville natale. Il travaille ainsi dans la démolition et la peinture en bâtiment, au ramassage d'ordures gagnant de faibles sommes avec lesquelles il peine à élever sa famille[1].

Popularité inespérée post-carrière

Cependant, un extrait du second album studio de 1971 Coming from Reality, Silver Words, devient un succès en Jamaïque en 1974 après que Ken Boothe en a réalisé une version reggae[3]. Mais c'est surtout l'album Cold Fact qui connaît un succès inattendu dès sa sortie en Afrique du Sud en 1974. Importé depuis les États-Unis par une personne inconnue, le disque est très rapidement piraté et diffusé à plusieurs milliers d'exemplaires sur cassette audio et vinyle, en Afrique du Sud mais aussi au . Sans que Rodriguez ne l'apprenne, Cold Fact devient disque d'or en Afrique du Sud : il ne touche par conséquent aucun droits d'auteurs sur les ventes du disque. Les jeunes de la classe moyenne blanche, sous la présidence de Pieter Willem Botha, trouvent dans les paroles engagées voire provocatrices un écho à leur révolte[4] ; l'album est rapidement censuré par le régime et les exemplaires en circulation confisqués.

Lorsque les exemplaires de l'édition Sussex sont épuisés, un label australien, Blue Goose Music, rachète les droits de ses deux albums et réalise une compilation en 1973, At His Best (en). L'album comprend trois titres inédits: Can't Get Away, Street Boy, et I'll Slip Away, un nouvel enregistrement de son premier single. Les excellents chiffres de ventes du disque font de Rodriguez une célébrité en Australie et en Nouvelle-Zélande[5]. Ayant connaissance de ce succès lointain, Rodriguez part alors en tournée en Australie en 1979, accompagné du Mark Gillespie Band. Deux concerts sont enregistrés et commercialisés - en Australie uniquement - dans un album live intitulé Alive; le nom étant une allusion aux rumeurs laissant croire que Rodriguez était mort en raison de son absence durant huit années. En 1981, avec Midnight Oil, il effectue une dernière tournée sur le continent australien. Il disparaît à nouveau à l'issue de ces deux tournées, et finit ses études en obtenant en 1981 sa licence de philosophie, vivant de petits boulots[N 1]. Engagé dans la vie de la cité, et soucieux d'améliorer les conditions de vie des habitants de la classe ouvrière, Rodriguez se présente à plusieurs reprises aux élections municipales à Détroit[N 2].

Toujours à l'insu de Rodriguez, l'album At His Best devient disque de platine dans les années 1980. À la même époque, plusieurs de ses chansons, dont notamment The Anti-Establishment Blues, deviennent des hymnes pour l'opposition interne à l'apartheid[6] : son uvre influence de jeunes musiciens engagés. De même, le militant anti-Apartheid Steve Biko était alors connu pour être un inconditionnel de Rodriguez[7]. En 1991, ses albums sont édités pour la première fois en CD, ce qui contribue à accroître encore sa notoriété. Toutefois, sa vie demeure toujours méconnue du public : la rumeur veut que l'artiste se soit immolé par le feu puis suicidé par balle sur scène, dans les années 1970.

Malgré l'immense succès qu'il rencontre en Afrique du Sud, au Botswana et au Zimbabwe, Rodriguez ne perçoit aucun bénéfice financier de la vente de ses disques, dans la mesure où il n'a même pas connaissance de sa célébrité. En 1996, sa fille aînée découvre un site Internet en son honneur réalisé par un disquaire du Cap, Stephen Segerman[8]. Ce dernier invite les internautes à partager tout renseignement au sujet de ce mystérieux Rodriguez que l'on dit mort. Peu après, la fille de Rodriguez contacte Segerman et le met en communication avec son père. Apprenant sa notoriété, il effectue une tournée à guichets fermés de six dates en Afrique du Sud, devant plusieurs milliers de personnes. Un documentaire sur ce retour, intitulé Dead Men Don't Tour: Rodriguez in South Africa 1998, a été diffusé en 2001 sur la télévision publique sud-africaine SABC. L'artiste donne ensuite des concerts en Suède, puis joue à nouveau en Afrique du Sud en 2001 et 2005. En avril 2007 et en 2010, Rodriguez fait son retour en Australie, au festival de la ville de Byron Bay, puis à Melbourne et Sydney. Le 9 mai 2013, l'Université de Wayne State à Détroit lui décerne un doctorat honorifique en lettres et sciences humaines[9].

Récent retour sur le devant de la scène

Le film Sugar Man

Article détaillé : Sugar Man

En 2012, le Festival du film de Sundance accueille l'avant-première du documentaire intitulé Searching for Sugar Man, un film suédois et britannique réalisé par Malik Bendjelloul. Le film raconte l'histoire du disquaire Stephen Segerman et de son ami, tous deux fans de Rodriguez, qui ont enquêté sur sa disparition et ont fini par le retrouver. Comprenant de nombreux témoignages de ceux qui l'ont connu et accompagné au début de sa carrière, le film évoque le succès de son album Cold Fact en Afrique du Sud, où il fut censuré par le régime de l'apartheid. Présenté dans de nombreux festivals, à Columbia ou à Göteborg en Suède, il est présenté le 27 juillet 2012 à New York et Los Angeles, puis sort aux États-Unis dans la foulée. Il sort sur les écrans français le 26 décembre 2012 sous le titre Sugar Man[10] et obtient un succès dû au bouche à oreille. La bande originale du film, sortie le 24 juin 2012, compile des titres de ses deux albums, ainsi qu'une chanson composée pour le troisième album qui n'a jamais vu le jour[11]. En écho au film, qui montre que Rodriguez a été escroqué par sa maison de disques - celle-ci ne lui reverse rien des bénéfices des ventes en Afrique du Sud -, une mention est ajoutée au dos de la pochette du disque : « Rodriguez perçoit des royalties de la vente de ce disque. »

Le film obtient de très nombreux prix à travers le monde. En novembre 2012, il obtient le prix du public et le prix de la meilleure musique au Festival international du film documentaire d'Amsterdam. Le 13 janvier 2013, Sugar Man est nominé à l'Oscar du meilleur film documentaire et obtient le BAFTA du meilleur documentaire le 10 février 2013. Deux semaines plus tard, il remporte l'Oscar lors de la 85e cérémonie des Oscars. En tournée en Afrique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande, Rodriguez n'a pu assister à la cérémonie, mais ne le souhaitait pas, afin de ne pas éclipser l'équipe du film. Le réalisateur Malik Bendjelloul déclare sur scène : « Merci à Rodriguez, l'un des plus grands chanteurs de tous les temps ».

Succès tardif aux États-Unis et en Europe

Avec l'émergence d'Internet dans les années 1990 et 2000, les enregistrements de Sixto Rodriguez commencent à se faire mieux connaître, y compris en Europe et aux États-Unis. La chanson Sugar Man, sa plus célèbre, est samplée à de nombreuses reprises. Un groupe de rock d'origine sud-africaine la reprend en 1998. En 2002, le DJ David Holmes en effectue un remix dans son album Come Get It I Got It, contribuant à accroître la popularité du morceau et son auteur. Le rappeur Nas sample le refrain dans You're Da Man en 2001, sur l'album Stillmatic, puis Large Professor dans The Man en 2002. La chanson figure également dans la bande-originale du film Candy avec Heath Ledger. D'autres titres ont été samplés par d'autres artistes moins connus, principalement dans le rap. Depuis 2003, une dizaine de reprises de ses titres ont été réalisées, dont la moitié de la chanson Sugar Man[12].

Les rééditions de Cold Fact en 2008[1] et de Coming From Reality l'année suivante[13]par le label Light In The Attic[11] donnent lieu à de nombreuses critiques enthousiastes et participent pour beaucoup à la découverte ou à la redécouverte du musicien. Il réalise par la suite une nouvelle tournée de concerts, notamment - c'est une première - dans des festivals européens tels que les Rencontres Trans Musicales de Rennes[14]. Le succès du film documentaire réalisé par Malik Bendjelloul, Sugar Man, amplifie considérablement le succès du chanteur[15], qui est l'invité de prestigieuses émissions télévisées : il joue Crucify Your Mind dans le Late Show with David Letterman le 14 août 2012, et Can't Get Away dans le Tonight Show with Jay Leno le 11 janvier 2013. À ces apparitions médiatiques s'ajoutent de nombreux reportages et interviews. La CNN lui consacre une émission où Rodriguez évoque son retour inattendu sur le devant de la scène, à la mi-août 2012. Le 7 octobre 2012, il apparaît dans le magazine américain 60 Minutes. Au Royaume-Uni, il est interviewé par Jools Holland dans son émission sur la BBC en novembre.

En 2013, Rodriguez enchaîne les concerts dans le monde entier, jouant dans des salles de renom telles que le Beacon Theatre à New York ou dans de grands festivals comme le Glastonbury Festival en Angleterre. Le 3, 4 et 5 juin, il donne ses premiers concerts comme tête d'affiche en France, au Zénith de Paris puis à La Cigale. Les billets sont très rapidement écoulés et les concerts se jouent donc à guichets fermés. Les prestations du chanteurs sont diversement appréciées par les spectateurs présents mais de manière générales sont jugées plutôt décevantes[16],[17],[18]. Début 2013, Sixto Rodriguez déclare dans une interview au magazine Rolling Stone avoir composé trente nouvelles chansons et être en contact avec Steve Rowland, le producteur de Coming from Reality. Celui-ci a demandé à l'artiste de lui envoyer des démos, ce que Rodriguez a accepté[19].

Le 21 juin 2013, il est interviewé sur la chaîne de télévision La Chaîne parlementaire. Au cours de l'entretien, il se définit comme un musicien engagé en politique et intéressé par les sujets de société. Il déclare également admirer la politique de Nelson Mandela qui a mené de manière pacifique la transition d'avec le régime d'apartheid, ainsi que Bob Dylan qu'il dit considérer comme le Shakespeare de la musique rock[20].

Discographie

Singles

Albums studio

Albums live

Compilations

Notes et références

Notes

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Philippe Garnier, « Sixto Rodriguez, retour d'acide », Libération, mis en ligne le 17 juillet 2008. Consulté le 8 septembre 2013.
  2. (en) Informations extraites de la biographie officielle du chanteur, publiée sur son site officiel. Consulté le 7 septembre 2013.
  3. Aureliano Tonet, « Sugar Man: un storytelling soigneusement agencé » sur Le Monde.fr. Mis en ligne le 7 avril 2013, consulté le 7 septembre 2013.
  4. François-Guillaume Lorrain, « Cinéma : le mystère Sixto Rodriguez » sur Le Point, décembre 2012. Consulté le 16 janvier 2013
  5. (en) Biographie sommaire de Rodriguez sur le site de son label actuel, Light In The Attic Records.
  6. Collectif, « Rodriguez: Forgotten in America, Exalted in Africa » sur National Public Radio, 28 juillet 2012. Consulté le 9 septembre 2013.
  7. Ellen E. Jones, « A conversation with Searching for Sugar Man director Malik Bendjelloul », The Independent. Mis en ligne le 21 décembre 2012, consulté le 6 septembre 2013.
  8. (en) Alexis Petridis, « The singer who came back from the dead », dans The Guardian, 7 octobre 2005 [texte intégral (page consultée le 23 mai 2010)]
  9. Kim Kozlowski, « Detroit musician Sixto Rodriguez to get honorary WSU degree », 18 avril 2013, The Detroit News. Consulté le 5 septembre 2013.
  10. Thomas Sotinel, « "Sugar Man", le conte de Noël d'un rockeur miraculé » sur le Monde, décembre 2012. Consulté le 26 décembre 2012
  11. 11,0 et 11,1 Marc Bertin, « Rodriguez aka "Sugar Man" : moins élusif que Dylan, tranchant comme Pete Seeger » sur Leplus.nouvelobs.com. Mis en ligne le 10 juin 2013, consulté le 9 septembre 2013.
  12. Liste des artistes ayant samplé Rodriguez sur le site whosampled.
  13. Mark191082, Rodriguez' Coming from reality gets new lease of life, Altsounds.com, 12 mars 2009. Consulté le 7 septembre 2013.
  14. Sophina Fanen, « Sixto Rodriguez, retour en grâce », Libération. Mis en ligne le 7 décembre 2009, consulté le 8 septembre 2013.
  15. François-Xavier Gomez, « Rodriguez, le sacre lent », Libération. Mis en ligne le 7 juin 2013, consulté le 8 septembre 2013.
  16. Sixto Rodriguez en concert à Paris : le miracle n'a pas eu lieu, Caroline Besse et Jean-Baptiste Roch, Télérama, 5 juin 2013.
  17. Sixto Rodriguez à Paris: un épilogue amer pour une saga, Julien Bordier et Marion Festraëts, L'Express, 6 juin 2013.
  18. Sixto Rodriguez à La Cigale: le pathétique et la grâce, Olivier Nuc, Le Figaro, 6juin 2013.
  19. Sean Michaels, « Rodriguez set to return to studio after 42-year absence », 30 janvier 2013, The Guardian. Consulté le 30 janvier 2013
  20. Germain Andrieux, «  LCP et RocknPol vous font vivre la fête de la musique ! », LCP et RocknPol, 21 juin 2013. Consulté le 6 septembre 2013.

Références

Liens externes


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